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 Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...


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Les marchés boursiers vous souhaitent un joyeux Noël Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Insolite
Écrit par phil   
21-12-2006
On vit une époque formidable. Alors que les travailleurs pauvres n'ont jamais été aussi nombreux (sept millions en France), Libération titrait hier matin à la Une sur les "Gros bonus". Il s'agit des (très) grosses primes qu'offrent les banques à leurs meilleurs employés. Je vous parle en millions de dollars ou d'euros.
On y apprend que toutes les grandes firmes américaines ont "restructuré" (comprenez "licencié") ces dernières années et font désormais des profits cooooolossaux.
En France, le sujet est tabou.

On sait seulement qu'en 2000 la CGT du Crédit lyonnais avait révélé que le chef de la salle dérivés actions avait touché 10 millions d'euros et son adjoint 7 millions...
En France, des entreprises comme DIM, EADS, Hewlett-Packard ou encore Moulinex, Danone, Michelin ont massivement licencié ces derniers mois.
Des licenciements préventifs, destinés à sauvegarder leur compétitivité et augmenter les rendements de leurs actionnaires. On les appelle aussi "licenciements boursiers".
Arguments de la direction d'Hewlett-Packard, en sept. 2005, lorsqu'elle a supprimé 1240 postes en France, malgré un bénéfice net de 2,5 milliards de dollars : « C'est maintenant qu'il faut restructurer et non pas quand ça va mal ».

On est dans l'économie-Casino que dénonce John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES). Un système ultra-violent pour des millions de travailleurs. Appuyé, en outre, par le Fond monétaire international, la Banque mondiale, la Banque centrale et la Commission européennes réunis qui eux-mêmes se fondent sur la doctrine ultra-libérale de la dérégulation des marchés.

Exemple passé quasi inaperçu ces jours derniers : la France vient d'être condamnée par la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) pour « entrave à la liberté d'établissement ».
Cette fois, il s'agit de l'imposition des dividendes des entreprises françaises, lorsque celles-ci sont détenues à plus de 5 % par des sociétés étrangères. Dans son arrêt rendu jeudi dernier dans l'affaire Denkavit, la Cour a estimé que cette taxe était contraire au droit communautaire.


Dans ce maelström de l'actualité financière heureuse, un homme - seul - se bat. Licencié économique, Patrick Puy s'est porté devant les prudhommes pour attaquer son ancien employeur...
Ne sortez pas tout de suite les mouchoirs.
Pour ainsi dire c'est un cas unique : rares en effet, sont les P-d.g qui attaquent aux prudhommes et réclament 176.000 euros pour... trois semaines de travail.
Il avait été embauché par Moulinex pour licencier 3257 personnes, avant d'être lui-même remercié.

« Moi aussi, j'ai été dans l'embarras. Moi aussi, vous savez, j'ai connu le chômage »
, a déclaré devant le tribunal de Bayeux l'ancien Pdg aux ex-salariés Moulinex, ceux-là même qu'il avait virés.
Ah, j'oubliais. Il est aussi mis en examen dans l'affaire Moulinex, en tant que mandataire social, pour «abus de biens sociaux», «banqueroute par détournement d'actifs» «abus de confiance» «faux, usage de faux et escroquerie», etc.
Une époque formidable, on vous dit.
Les marchés boursiers vous souhaitent un joyeux Noël.

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