L'auteur

 Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...


Profil Linked in

My Ziki


Related Items:

A LIRE AUSSI...

ALTER EGOS

PosterDemain, tous journalistes ? Benoît Raphaël responsable éditorial du Post.fr.


PosterWebmedia
Economie et usages des medias sur internet, par Danielle Attias.


PosterEcosphère Ancien directeur des rédactions de ZDNet, Emmanuel Parody est responsable audience et innovation pour lesechos.fr.

Poster

L'observatoire des médias Gilles Bruno, ancien chef de projet de l'informatique éditoriale à Libération, vole de ses propres ailes.

PosterMediaCafé Jeff Mignon est consultant spécialiste des médias, il est basé à New-York.

PosterDubuc's blog Stupeur et tremblements dans les médias. Le regard de Dubuc.

PosterCup of tea Joel Ronez, consultant en communication, passionné par les médias et leur évolution.

Membres: 19
Publications: 183
Liens: 6
Visiteurs: 1244516
Rédactions intégrées : une idéologie battue en brèche Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par phil   
08-07-2007
Face au phénomène de convergence des médias, les éditeurs de presse tentent d’imposer un nouveau modèle d’organisation des rédactions de journalistes : la rédaction intégrée, dont le modèle le plus "abouti" est celui du Daily Telegraph.
Pourtant, le contre-exemple existe et marche aussi très bien : Le Monde.fr, la rédaction interactive du Groupe Le Monde vit sa vie et gagne de l’argent, en synergie mais à l’écart de la rédaction-papier.
Confrontation entre les deux modèles
lors du séminaire organisé par le CFPJ sur le thème des « stratégies éditoriales web-papier ».
Les interventions de Bertrand Pecquerie
(directeur du World’s Editor Forum) et d’Alexis Delcambre (Lemonde.fr).

******************

« Le sujet de ces dix prochaines années, c’est l’intégration des rédactions web et papier. La notion de bimedia n’existe pas ; il faut raisonner multimedia (mobiles, papier, web, blogs) ».
Pour Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum la séparation entre le on-line (leMonde.fr) et la rédaction papier du Monde est une aberration : « La séparation des deux est mortifère. Elle va à contresens des tendances lourdes qui s’observent à l’étranger : depuis deux ans maintenant, partout dans le monde, on fusionne les deux entités (NY Times, Financial Times) ».
Selon Pecquerie, « scinder les deux aboutit à la condamnation du papier et de la marque elle-même ».
Un point de vue radical, compréhensible sans doute en termes de coûts si l’on se place du point de vue des éditeurs. Mais à tempérer, au regard de l’expérience menée au Monde.

LE CONTRE-MODÈLE DU MONDE.FR

Alexis Delcambre, rédacteur-en-chef adjoint du Monde.fr, explique en l’occurrence, qu’il se méfie des idéologies en matière d’organisation et qu’il n’existe pas de solutions « clé en mains ».

Bien sûr, le discours dominant aujourd’hui est celui de l’intégration des rédactions. Ce qui signifie en filigrane la polyvalence absolue des journalistes, aptes à travailler tant pour le web que pour le papier, voire aptes à écrire autant qu’à réaliser une interview en vidéo…
Un fantasme de patron de presse ?

Pour Alexis Delcambre, la solution n’est pas aussi tranchée.
Chaque support (papier et web) a ses propres savoir-faire, de plus en plus divergents et qui ne se transposent pas. On va vers deux types d’articles différents (entre web et papier).
« On va arriver au multimédia total : le texte, la vidéo, les photos, le son. Mais la convergence peut emprunter d’autres voies que celles de la fusion des équipes ».

LES RAISONS D’UNE SÉPARATION

L’autonomie adoptée par Lemonde.fr (Le monde interactif est une filiale du journal) est « un choix qui tient compte des héritages, de la réalité présente, des objectifs », souligne Delcambre.
Aujourd’hui le site internet du Monde ne reprend que 33% des contenus publiés dans le journal papier.
Tout le reste est produit par les journalistes multimédias du Monde.fr : il s’agit de contenus adaptés aux nouveaux médias, aux nouveaux usages (vidéo, sons, portfolios, espaces interactifs tels que chats et blogs, commentaires d’internautes, etc) et les fils d’actu AFP.

Alexis Delcambre énumère une série de raisons qui justifient la séparation entre les deux rédactions :

  • L’audience n’est pas la même entre le web et le papier.
75% des lecteurs du journal ne sont pas ceux du Monde.fr. « La moitié de l’audience du site a moins de 35 ans ». En fait, les deux medias touchent les gens à des moments différents. L’audience du Monde.fr élargit l’audience de la marque.

  • Des cultures de travail différentes :
« il y a une différence de temporalité évidente entre les deux rédactions. Le cycle de production habituel du papier est totalement explosé en ligne. Au Monde.fr on vit dans une atmosphère de bouclage permanent ».

  • L’organisation est différente
Très pyramidale dans le journal et structurée en services spécialisés (politique, société, international, sports, culture, etc). Alors que sur le web, l’organisation est structurée selon la temporalité de production de l’info. Au centre, il y a un gros desk multimédia, et en périphérie des équipes qui travaillent sur les newsletters, les dossiers. Les journalistes du Monde.fr sont moins spécialisés.

  • L’écriture n’est pas la même
Alexis Delcambre cite le cas de Corine Lesnes, qui trace deux sillons éditoriaux très différents, selon qu’elle écrit pour le journal ou sur son blog, "Big Picture - croquis d'Amérique".
D’un côté le suivi de l’actualité politique et institutionnelle américaine, de l’autre un portrait impressionniste de l’Amérique à petites touches.

RÉINVENTER LE JOURNALISME

Le paradoxe, dans l’histoire, c’est qu’autant Pecquerie que Delcambre ont de bonnes raisons de soutenir leur modèle d’organisation.
De fait, il est plus que probable que les journalistes du futur n’écriront plus pour un média, mais produiront de l’information (ce qui reste quand même le cœur du métier) pour des supports multiples.
Pour autant, les journalistes ne pourront pas tenir le stylo et la caméra en même temps, rédiger une analyse sur un sujet donné et bidouiller dans le code-source ensuite.
Il va donc probablement falloir :
    1. inventer de nouveaux métiers
    2. redéfinir le rôle des secrétaires de rédaction
    3. former des jeunes journalistes qui maîtrisent la technique informatique
    4. Négocier des droits d’auteur accceptables.

Si vous avez un avis sur ce futur qui se dessine, n’hésitez pas ;-)
Personne n'a commenté cet article.
Soumettre le nouveau commentaire...
SVP, commentaires brefs et sur la matière, se rappeler que ce n'est pas un fil conducteur.
Nom :
Titre :
E-mail :
Site web:
      
[smiley=angry][smiley=cool][smiley=evil][smiley=happy][smiley=laugh][smiley=sad][smiley=shock][smiley=think][smiley=tongue][smiley=wink]
Commentaire(s) :
Vérifier :
Combien de lettres dans le mot SPAM ?

Related Items:

 
< Précédent   Suivant >
RÉFÉRENCÉ DANS

CRÉEZ DU LIEN


S'abonner au site

RSS socialnet

Add to MyYahoo!
Subscribe in NewsGator Online
Add to Newsburst
Add to Google
Add to My AOL
Add to Pluck
Subscribe in FeedLounge
Add to Windows Live
Add to NetVibes
Subscribe in Rojo
Subscribe in Bloglines
Add to MyMSN
Add to Plusmo for your cellphone
Add to PageFlakes
Add to Technorati
Add to BlinkBits

Derniers commentaires

Syndication