Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Si vous connaissez des médias, en France, qui pratiquent le "Crowdsourcing" je suis preneur.
En Grande-Bretagne, le Liverpool Daily Post vient d'annoncer qu'il allait lancer une demi-douzaine d'enquêtes participatives : le journal va lancer plusieurs sujets d'enquête et tenter de collecter de l'information sur ces thèmes auprès de ses lecteurs.
Le Liverpool Daily Post s'inspire de l'expérience américaine Assignment Zero menée l'an dernier. Une sorte de journalisme open-source (j'aime bien cette expression).
A ma connaissance, ce type de collaboration entre journalistes professionnels et amateurs n'existe pas dans les grands médias traditionnels que l'on connaît tous.
En revanche, quelques médias citoyens ou participatifs affichent clairement la couleur : Rue89 avec son slogan "L'info à trois voix" demande explicitement à ses lecteurs de lui apporter de l'info. Agoravox ensuite, a publié récemment sa première enquête participative...
Je relaie ici les conclusions de l'étude menée par le Bivings Group auprès du Top 100 (en matière de diffusion) des journaux Etats-uniens, concernant l'évolution de leurs sites internet. Toujours intéressant d'aller voir ce qui se passe ailleurs, et particulièrement aux Etats-Unis. Notamment parce que la crise qui frappe la presse écrite sur le continent nord-américain s'amplifie (baisse chronique du lectorat et de la diffusion), tout comme en France.
Bref, j'ai traduit cette étude (“American Newspapers and the Internet; Threat or Opportunity?”) et vous pourrez éventuellement la télécharger (format pdf).
En vrac quelques points qui méritent réflexion :
l'utilisation des flux RSS, par les sites des journaux, connaît un bond important.
Les blogs de journalistes se multiplient
La pub n'a pas encore fait son entrée dans les flux RSS (mais ça ne saurait tarder).
Explosion de la vidéo sur ces sites.
47% des journaux n'offrent pas encore de contenus pour les mobiles (!)
Un petit jeu en attendant les résultats du second tour de l'élection "de-qui-vous-savez", c'est à dire du président-de-la-république bien sûr.
(Dessin Deligne)
ACTUALISATION :
Bon, ben voilà c'est fait (grosse déception dans le "bon, ben...").
Alors, il est passé où le futur chef de l'état UMP ? Dans un monastère, la maison d'un ami corse ? Que nenni.
Après une petite nuit dans un palace parisien, Sarko a pris l'air en Jet privé, direction Malte
Enfin, plus précisément sur le Yacht de son ami Bolloré, le PALOMA dont vous trouverez les tarifs de location (ça, c'est pour ceux qui se lèvent très tôt le matin) en cliquant sur le lien.
Bienvenue dans Sarkoland.
Les journaux internationaux ont les yeux rivés vers ce petit pays étrange, sixième économie mondiale forte de cinq candidats trotskystes à la présidentielle.
Un pays en forme d'hexagone, qui va voter dimanche pour élire son prochain président.
Petite revue de presse internationale, à deux jours du scrutin qui va peut-être changer la France. Le Soir de Bruxelles n'y va pas par quatre chemins : "Oui Nicolas Sarkozy est dangereux", éditorialise le quotidien belge. Ce à quoi le journal sénégalais en ligne rewmi.com semble lui faire écho : "Présidentielle France, tout sauf Sarkozy", titre le magazine. Le quotidien suisse Le Temps analyse, de son côté, "Les raisons de ne pas voter pour eux". En résumé de ce tableau impitoyable : Sarkozy est impulsif et agité, Ségolène Royal "isolée et imprévisible", tandis que François Bayrou est un "oppportuniste mou".
"Le Temps" publie également un reportage de son envoyé spécial au dernier meeting de Ségolène Royal à Toulouse. "Les socialistes restent tenaillés par l'angoisse". le journaliste décrit une Ségolène extatique : "Aidez moi, portez moi", demande-t-elle en levant les bras au ciel. Le quotidien russe Vremia Novosteï en est persuadé :"Le nouveau locataire de l'Elysée sera probablement Nicolas Sarkozy, 52 ans" (revue de presse de l'agence Novosti du 19 avril). En Suisse, L'Express a demandé leurs pronostics aux présidents des grands partis helvètes. Résultat sans grande surprise : ce serait pour eux Sarkozy-Royal au second tour. Plus inquiétant, tous partis confondus, ils prédisent que ce serait alors Sarkozy qui l'emporterait.
MAUVAIS AUGURE POUR SEGOLENE ?
Au Québec, "Le Devoir" titre sur "La madone socialiste", expliquant que Ségolène Royal a adopté en fin de course un style de campagne à l'américaine".
Sur son site web, Radio Canada consacre un dossier complet à la campagne présidentielle. A lire, l'analyse du reporter Luc Chartrand : "La France est à droite", écrit-il.
Le journaliste observe un fort sentiment de "Tout sauf Sarkozy" à gauche, dans les banlieues, tandis que les indécis restent nombreux à quelques jours du premier tour.
De plus, selon lui : "Même en additionnant toutes les intentions de vote envers les candidats de gauche, ceux d'extrême gauche et les écologistes, on atteint difficilement la barre des 40 %. C'est de mauvais augure pour Ségolène Royal. Si la candidate socialiste atteint le 2e tour, elle aura beaucoup de mal à battre Sarkozy".
Pour lui barrer la route, "les socialistes devront faire des compromis avec la droite modérée", écrit-il. A moins que les électeurs de gauche ne décident de voter Bayrou dès le premier tour comme je l'écrivais hier.
Au terme de ce tour d'horizon de la presse francophone internationale, c'est moins la "Ségomania" que l'anti-sarkozisme qui semble dominer dans une large part de la société française. De ce point de vue, Bayrou conserve toutes ses chances. A vérifier dimanche soir...
A quelques jours du cinquième anniversaire des attentats qui firent 2985 morts au World Trade Center et au pentagone, la grande presse américaine ne peut plus ignorer les adeptes de la théorie du complot. Autrement dit tous ces "conspirationnistes" (terme péjoratif), qui rejettent la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Et dont les sites internets fleurissent sur le web.
Time magazine consacrait, dimanche, un article - "Why the 9/11 conspiracies won't go away" - sur ce phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur et s'enracine dans la société américaine.
SUJET TABOU
Longtemps, le sujet a été tabou. Les medias dominant, et toute l'Amérique, s'étaient apparemment mis en ordre de bataille derrière leur président, légitimant la guerre comme une réponse à l'agresseur.
L'ex-directeur de la rédaction du Monde, Edwy Plenel, fait son entrée comme chroniqueur au "Soir", quotidien de Bruxelles, à partir de vendredi 8 septembre. L'info est officielle depuis aujourd'hui, mercredi, en page 18 du quotidien belge à travers une pub. Edwy Plenel tiendra une chronique sur la campagne présidentielle française, au rythme d'un billet toutes les deux semaines.
Selon l'explication d'un journaliste belge, qui tient un blog sur les medias (Molenews), "Voici quelques jours, "Le Soir" avait annoncé l'arrivée d'un nouveau chroniqueur, en faisant grand mystère... Je crois qu'on appelle ça du "teasing". Et je trouve assez curieux d'appliquer de telles techniques de marketing pour une annonce qui relève davantage, selon moi, du pur contenu éditorial : c'est de l'info ou de la pub?"
De l'info, serais-je tenté de répondre, mais rien n'empêche "Le Soir" d'en faire un "coup" médiatique. Il paraît évident que cette info sera reprise dans de nombreuses rubriques médias, et le premier billet de Plenel scruté à la loupe.
MISE A JOUR (Vend. 08/09) : "L'étrange n'est pas toujours en pays étranger".
C'est sous ce titre que Plenel ouvre sa chronique dans "Le Soir". Juste un extrait : "L'avertissement vaut pour nous: concernant l'élection de 2007, rien n'est définitivement joué, pas même écrit. Et d'ici là, la ligne ne sera pas droite. Dans ce rendez-vous quinzomadaire, on tentera de s'en souvenir, en se rappelant une très vieille sagesse humaine à laquelle le journalisme devrait rester fidèle: l'interdiction de prédire l'avenir, édictée par l'Ancien Testament afin de préserver les promesses du passé. Aussi résistera-t-on à la mode sondagière qui, confondant la photographie et le cinématographe, tend à assimiler l'instantané au mouvement. C'est ainsi qu'elle sacre M. Sarkozy en leader incontesté de la droite et promeut Ségolène Royal en favorite incontournable de la gauche. Or ce n'est ni faux ni vrai: une vérité momentanée, pas une vérité intangible".
A lire sur le blog Medias, le témoignage édifiant de Didier Laurens, rédacteur-en-chef de Monaco Hebdo, récemment viré parce qu'il dérangeait les politiques et le milieu des affaires de la Principauté.
Aujourd’hui la situation des journalistes locaux se dégrade alors même que la principauté veut organiser un « Davos des médias » sur son territoire à l’automne prochain !", explique-t-il.
Le petit caillou de Monaco, indécente excroissance et paradis fiscal gouverné par un "prince" d'opérette va bientôt entrer au conseil de l'Europe. Là-bas, on vire à la Villepin, comprenez façon CPE : sans préavis, ni raison. Lire à ce propos l'analyse de mon confrère Olivier Bonnet (Plume de presse).