Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Les journaux internationaux ont les yeux rivés vers ce petit pays étrange, sixième économie mondiale forte de cinq candidats trotskystes à la présidentielle.
Un pays en forme d'hexagone, qui va voter dimanche pour élire son prochain président.
Petite revue de presse internationale, à deux jours du scrutin qui va peut-être changer la France. Le Soir de Bruxelles n'y va pas par quatre chemins : "Oui Nicolas Sarkozy est dangereux", éditorialise le quotidien belge. Ce à quoi le journal sénégalais en ligne rewmi.com semble lui faire écho : "Présidentielle France, tout sauf Sarkozy", titre le magazine. Le quotidien suisse Le Temps analyse, de son côté, "Les raisons de ne pas voter pour eux". En résumé de ce tableau impitoyable : Sarkozy est impulsif et agité, Ségolène Royal "isolée et imprévisible", tandis que François Bayrou est un "oppportuniste mou".
"Le Temps" publie également un reportage de son envoyé spécial au dernier meeting de Ségolène Royal à Toulouse. "Les socialistes restent tenaillés par l'angoisse". le journaliste décrit une Ségolène extatique : "Aidez moi, portez moi", demande-t-elle en levant les bras au ciel. Le quotidien russe Vremia Novosteï en est persuadé :"Le nouveau locataire de l'Elysée sera probablement Nicolas Sarkozy, 52 ans" (revue de presse de l'agence Novosti du 19 avril). En Suisse, L'Express a demandé leurs pronostics aux présidents des grands partis helvètes. Résultat sans grande surprise : ce serait pour eux Sarkozy-Royal au second tour. Plus inquiétant, tous partis confondus, ils prédisent que ce serait alors Sarkozy qui l'emporterait.
MAUVAIS AUGURE POUR SEGOLENE ?
Au Québec, "Le Devoir" titre sur "La madone socialiste", expliquant que Ségolène Royal a adopté en fin de course un style de campagne à l'américaine".
Sur son site web, Radio Canada consacre un dossier complet à la campagne présidentielle. A lire, l'analyse du reporter Luc Chartrand : "La France est à droite", écrit-il.
Le journaliste observe un fort sentiment de "Tout sauf Sarkozy" à gauche, dans les banlieues, tandis que les indécis restent nombreux à quelques jours du premier tour.
De plus, selon lui : "Même en additionnant toutes les intentions de vote envers les candidats de gauche, ceux d'extrême gauche et les écologistes, on atteint difficilement la barre des 40 %. C'est de mauvais augure pour Ségolène Royal. Si la candidate socialiste atteint le 2e tour, elle aura beaucoup de mal à battre Sarkozy".
Pour lui barrer la route, "les socialistes devront faire des compromis avec la droite modérée", écrit-il. A moins que les électeurs de gauche ne décident de voter Bayrou dès le premier tour comme je l'écrivais hier.
Au terme de ce tour d'horizon de la presse francophone internationale, c'est moins la "Ségomania" que l'anti-sarkozisme qui semble dominer dans une large part de la société française. De ce point de vue, Bayrou conserve toutes ses chances. A vérifier dimanche soir...