Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Le syndicat SUD Etudiant sort un chiffre qui fait froid dans le dos : 40.000 étudiants se prostitueraient, la plupart des filles, entre deux deux cours à la fac. Mais où celà donc ? En Chine, en Thaïlande, au Nigéria ou peut être encore dans quelque république bananière du Caucase ? Que nenni ! C'est en France que ça se passe, ici et maintenant, à Montpellier, Lyon, Lille, Paris... Et c'est Le Figaro qui sort l'info (ben non, pas Libé). Diantre et foutrecul ! Le journal de Serge Dassault, le marchand d'armes multimillionnaire qui professe un libéralisme débridé pour les autres tandis qu'il ne commerce qu'avec l'Etat, prendrait-il des libéralités avec le libéralisme ? Voire une distance critique ? Nous n'irons pas jusque là.
PAUPÉRISATION
Jean-Marc Philibert, l'auteur de l'article, nous indique que le chiffre est à prendre "avec des pincettes" (sur le nez ?).
Un nouveau pas vient d'être franchi en matière de convergence des medias. Depuis la mi-septembre, le gratuit Economie Matin est le premier quotidien français à utiliser les mobile tags, développés par la société Abaxia.
J'avais déjà évoqué cette technologie en avril dernier - parlant alors de révolution multimédia - lorsque le magazine Newzy avait testé ce procédé. Je maintiens le terme de révolution, tant les applications possibles sont variées. C'est simple, bientôt on ne pourra plus s'en passer.
Bienvenue dans les cuisines de la politique et du journalisme. Charlie hebdo a l'honnêteté de parler - cette semaine - d'une pratique détestable, initiée par nos chers politiques et (définitivement ?) adoptée par les journalistes des grands quotidiens nationaux. Je veux parler de la fameuse interview "relue et amendée"... par celui qui a été interviewé. C'est en page 6, une "mise au point à propos d'une interview centriste", signée Anne-Sophie Mercier.
QUAND LE CENTRISTE S'ENCANAILLE
Figurez-vous que François Bayrou acceptait la semaine dernière de recevoir des journalistes de Charlie hebdo, pour une interview. L'animal, on le sait, a du mal à se faire entendre ces temps-ci (quoique), allant jusqu'à accuser les medias dominants de rouler pour le bi-partisme, en l'espèce pour les duettistes Sarko-Ségolène, les Shirley et Dino de la politique people, en moins drôles s'entend. Du coup le centriste s'encanaille avec la presse de gôche dont il drague l'électeur.
MISE A JOUR : "UNIVERSMEDIAS" A ETE DESIGNE BLOG DU JOUR SUITE A LA PARUTION DE CET ARTICLE
On savait que Politis traversait une passe difficile, cette fois l'appel est plus pressant. La société des rédacteurs de l'hebdomadaire a publié hier jeudi 5 octobre un communiqué intitulé "Sauvons Politis", pour demander à ses lecteurs de participer à sa survie.
La rédaction a besoin d'un million d'euros d'ici à la fin octobre, pour assurer le développement de Politis, placé en dépôt de bilan depuis le 8 août. Un repreneur s'était fait connaître début septembre, mais il s'est désisté 24 heures avant l'audience prévue devant le tribunal de commerce. D'où l'appel lancé hier.
"Ce sont vos aides financières qui contribueront à sauver Politis, l’une des dernières voix indépendantes du paysage médiatique français. Vos chèques seront déposés sur un compte bloqué et, en cas d’échec, leurs sommes vous seront remboursées jusqu’au dernier centime" (...), indique le personnel du journal créé par Bernard Langlois voici 19 ans.
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Vos dons par chèque, à l’ordre de : Association "Pour Politis"
Association Pour Politis - c/o Politis - 2, impasse Delaunay - 75 011 Paris
Le Monde diplomatique est évidemment en première ligne au sein d'ATTAC, puisque c'est à la suite d'un éditorial d'Ignacio Ramonet paru fin 1997, que l'association a été fondée quelques mois plus tard.
Or, tout comme la rédaction de Politis il y a quelques semaines, les salariés du Monde diplomatique regroupés au sein de l'association Gunter Holzmann ainsi que la société éditrice du journal ont fait savoir qu'ils prennent du recul avec les instances dirigeantes d'Attac.
Deux communiqués de presse, passés relativement inaperçus, viennent d'être publiés dans l'édition d'octobre du monde diplomatique : l’Association Gunter Holzmann décide de ne plus siéger dans les instances d’Attac et de ne plus participer à ses débats internes, tandis que la société éditrice (Le Monde diplomatique SA, fondatrice de l'association, représentée par bernard Cassen) cessera de participer à la gestion de l'association après les élections de décembre.
Bétise ou désinformation ? Un journaliste - quel qu'il soit (je veux dire de gauche ou de droite) - peut il écrire de pareilles âneries, sans vérifier un tant soit peu les propos de son interlocuteur.... C'est consternant. A moins qu'il n'y ait derrière le propos de l'article qui va suivre l'intention d'une réelle malveillance idéologique, qui consiste à dénoncer ces "salauds de chômeurs" qui profitent.
Agnès Maillard (Le Monolecte et Le Monde Citoyen) rapporte donc sur son blog la colère qui l'anime, après avoir lu un article pitoyable dans l'édition du Point, cette semaine. "Le Point, que je me retiens de qualifier d'immonde torche-cul, par la plume de Christophe Ono-Dit-Biot, nous apprend combien il est facile de vivre au crochet des dispositifs d'aide aux chômeurs", ironise Agnès.
Le "sujet" : il s'agit du témoignage de Thierry F. (44 ans) qui raconte, dans un livre à paraître, ses "24 ans de chômage". Tout le problème de l'article réside dans le fait que son auteur n'a pas vérifié les dires de son interlocuteur. Du coup, c'est un tissu d'inepties qui vient de paraître dans cet hebdo à diffusion nationale, des propos pointant du doigt les chômeurs qui vivent comme de véritables parasites au crochet de la société. Un témoignage qu'Agnès Maillard qualifie de "manipulation de l'opinion, totalement honteuse".