Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Mais qu'attendent encore les quotidiens nationaux et régionaux français ? Sur leurs sites web, ils regorgent d'archives payantes qui ne rapportent rien ou presque.
Un gisement que dis-je, une mine d'or de contenus.
Inexploités.
Des archives endormies.
En septembre dernier, le site du New-York Times avait décidé de réveiller ces belles endormies, en rendant leur accès gratuit aux internautes.
Et le résultat est là : le trafic du site a explosé, vient de révéler Techcrunch.
+64% de visiteurs en ligne entre fin août et fin octobre, soit 7,5 millions de visiteurs supplémentaires.
Dans le même temps, le nombre de pages vues s'est envolé de 52,2%.
L'équation est pourtant simple :
+ de contenus = + de trafic = + de revenus publicitaires
Faut-il rappeler la théorie de la longue traîne ?
Appliquée aux médias, elle signifie que - sur une longue durée - les milliers d'articles passés quasi-inaperçus lors de leur parution initiale seront plus lus que les scoops ou les actualités fortes qui ont fait la Une en leur temps.
Pourquoi ?
Il existe simplement une demande de contenu pour tous les sujets possibles et imaginables.
Editeurs de presse et journalistes (dont je suis), nous sommes souvent obnubilés par le scoop. Autant dire l'arbre qui cache la forêt.
Certes, il fait vendre... mais pendant combien de temps ? 24, 48 heures.
Et on passe à autre chose.
Mais ces centaines de milliers d'articles qui dorment dans les archives intéressent tout autant les lecteurs, sinon plus. Et génèrent beaucoup plus de clics, sur de longues durées.
C'est le cas pour mon blog : avec 1200 visites au quotidien, les pages vues les plus nombreuses sont celles d'articles parus depuis la création du site, début 2006.
Bien sûr, chaque parution de note génère un pic de visites. Mais ce n'est qu'un pic.
Bref, ouvrir ses archives au grand public c'est multiplier le nombre de clics, donc de pages vues. C'est aussi augmenter la durée de visite des internautes sur un site et accroître le volume de visiteurs qualifiés.
Alors, qu'attendent encore les journaux, vous avez une idée là-dessus ?