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 L'offre est tentante, entre nous je me tâte. 20 millions de dollars sur deux ans, c'est pas rien. J'y vais, j'y vais pas ? Allez, je me lance : OUI, LA GUERRE EN IRAK EST POSITIVE !!...... BUSH EST GRAND ET RUMSFELD EST SON PROPHETE !!..........L'ARMEE AMERICAINE EST LA PLUS FORTE DU MONDE !!.......... YEAP, ON VA GAGNER !!...... VIVE BAGDAD !!........ A NOUS LE PETROLE !!...... L'IRAK EST UNE GRANDE DEMOCRATIE !!........ EN AVANT GUINGAMP (là je m'égare) !!
Attention, c'est du lourd. D'après le Washington Post du 31 août ("Pentagon moves toward monitoring media"), le Pentagone vient de lancer un appel d'offres à 20 millions de dollars, pour contrôler la "tonalité" des nouvelles en provenance d'Irak, de la part de medias US ou étrangers. Le vainqueur de cet appel d'offres devra montrer comment il assure le meilleur contrôle possible des compte-rendus de la presse irakienne, arabe, internationale et américaine. C'est vrai, quoi ! Le défaitisme est partout, jusque dans les medias qui font rien qu'à donner de mauvaises nouvelles de la guerre en Irak : attentats suicides, guerre civile, escadrons de la mort, montée de la violence, morts, explosions... Rien sur les magnifiques couchers de soleil du Chaat-el-Arab, pas une ligne des longues chevauchées crépusculaires en Jeep dans le désert, même le mot "love" semble définitivement banni du langage... CA VA CHANGER Il faut que ça change et je suis sur les rangs. Putain, 20 millions de dollars. Titres de mes prochains articles : "Ma nuit de terreur d'amour à Bagdad"; "Comment ces enculés merveilleux GI's ont changé ma vie"; "Pourquoi G.W. Bush est le plus grand connard président de tous les temps"; "Un putain d'assaut Ma balade en hélicoptère sur l'Euphrate, rive gauche", etc. Les officiels du Pentagone, relève le Washington Post, considèrent ce nouveau programme comme un outil décisif dans la guerre contre la terreur. Ce qui rejoint le s déclarations de Donald Rumsfeld, en début d'année qui présentait son plan de propagande pour les medias. Selon lui "certaines batailles les plus critiques ne se mènent pas dans les montagnes d'Afghanistan ni dans les rues irakiennes, mais dans les rédactions à New-York, Londres ou Le Caire". Quelques voix timides se sont élevées pour dénoncer cet appel d'offres (valable jusqu'au 6 septembre). Curieusement, les medias français n'en parlent pas non plus. Il entre pourtant en contradiction avec les valeurs américaines (et les notres) de la liberté de la presse. Tiens, c'est bizarre, Reporters sans frontières n'a pas encore dénoncé cette stupide tentation de manipulation des medias...
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