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 Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...


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Les descentes de police se multiplient dans les médias Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par phil   
07-07-2006

Les révélations de Midi-Libre ont suscité plainte puis perquisition de la police dans les locaux du journal

Placement en garde à vue d'un photographe de Var-Matin lundi, perquisition au siège du groupe Nice-Matin mardi, descente de la division criminelle du SRPJ de Montpellier à Midi Libre mercredi, pressions des magistrats orléanais sur France 3 à la suite d'un reportage consacré à des faucheurs volontaires d'OGM.

FRAGILE LIBERTE DE LA PRESSE

La justice prend de moins en moins de gants pour mettre la pression sur les medias et, ce faisant, porter atteinte à la liberté d'informer. Autant d'affaires bien différentes, qui montrent combien la liberté de la presse reste fragile en France, tant que le droit à la protection des sources ne sera pas inscrit noir sur blanc dans le code pénal.

A Nice-Matin, perquisition et garde à vue sont liées à une plainte sur le droit à l'image. Les quotidiens du groupe avaient publié en 2003 la photo de deux enfants assassinés par leur père.

A Midi-Libre, c'est la publication d'un pré-rapport de la Cour des comptes accablant pour l'ancien président de la Région, Jacques Blanc, qui a suscité la perquisition des locaux du journal. L'élu UMP mis en cause a porté plainte pour violation et recel de violation du secret professionnel.

Tandis qu'à Orléans, les journalistes de France 3 relatant le procès en appel de 49 faucheurs volontaires d'OGM, ont eu l'outrecuidance de critiquer la manière dont le président avait mené les débats. Et de laisser entendre que la décision des magistrats de la cour d'appel serait suivie de "très près" dans les Ministères à Paris. Relaxés en première instance, les faucheurs volontaires ont été renvoyés en appel par le parquet. Le 19 juin, le parquet ouvre une enquête en "flagrance" pour "discrédit public jeté sur un acte judiciaire" (lire à ce sujet l'article du Monde.fr et celui d'Acrimed). Résultat : les gendarmes déboulent à la rédaction et réclament la cassette du compte-rendu, tandis que le journaliste Xavier Naizet, et le rédacteur en chef de la station, Dominique Delhoume, sont entendus par des policiers, pour "commenter" le reportage.

Après la police, c’est ensuite la gendarmerie qui entre en jeu le 26 juin. Elle convoque une autre journaliste de France 3 Centre qui, elle, a couvert une nouvelle action de fauchage. On lui demande cette fois de citer ses sources. Le 27 juin, la cour d'appel rend son arrêt et condamne les faucheurs.

LES PROMESSES

DU GARDE DES SCEAUX

Au coeur de ces procédures, il y a la volonté de faire pression sur les journalistes pour qu'ils révèlent leurs sources. « À chaque affaire gênante, la solution miracle semble à portée de main : identifier de gré ou de force les sources des journalistes et leur donner des leçons de déontologie », rapportait en mai un communiqué du syndicat national des journalistes.

Lors d'un colloque organisé en juin par l'association Presse Liberté et intitulé « Les médias sous contrôle judiciaire ? », le Garde des Sceaux Pascal Clément avait exprimé le souhait d'« inscrire le droit des journalistes à la protection de leurs sources d'information (...) » et que « les collaborateurs des journalistes puissent bénéficier de la même protection que ces derniers ». « J'envisage aussi d'étendre au domicile des journalistes les règles spécifiques applicables aux perquisitions effectuées dans une entreprise de presse », avait-il ajouté.

Belle déclaration d'intention, qui ne vise au demeurant qu'à mettre en conformité droit français et droit européen. La Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg rappelle au passage que la protection des sources est « la pierre angulaire de la liberté de la presse ».

Mais le Garde des Sceaux n'a toujours pas indiqué quand il comptait inscrire cette question au calendrier parlementaire.

*******************

Lire également les réactions (ICI et LA), suite aux perquisitions à Midi-Libre.

 

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