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Clearstream, Guy Drut et coupe du monde : on en avait presque oublié la crise pétrolière majeure, sur fond de partie de poker avec l'Iran et la Chine, qui sévit à l'échelon... planétaire.
Heureusement, Georges W. Bush en effectuant une visite-surprise à Bagdad, mardi, est venu nous rappeler le véritable enjeu du moment. A savoir, en premier lieu, sa survie politique aux Etats-Unis.
Au plus bas dans l'opinion et à quelques mois d'une élection législative majeure (en novembre) il tente de retourner l'opinion américaine, désormais largement défavorable à la présence des troupes US en Irak (59% des états-uniens sont contre selon AP-IPSOS).
Survie politique car Bush veut sauver la fin de son mandat. Au pire, en cas de défaite électorale, le guide des articles du procès en destitution du président Bush a déjà été publié par le Center for Constitutional Rights. Prêt à servir pour mettre en oeuvre l'Empeachment. Même si cette procédure de destitution a peu de chances d'aboutir.
PAX AMERICANA : LE FIASCO
Au delà de ce "détail" de politique intérieure, la politique étrangère américaine n'est guère plus reluisante.
La domination du monde, version Bush, vire au fiasco complet. La situation irakienne n'y est évidemment pas pour rien et la mort récente du leader irakien d'Al Quaïda, Zarqaoui, n'a guère modifié la donne.
Pendant que les Boys s'enfoncent chaque jour un peu plus dans le bourbier irakien, l'Iran dicte sa politique et la Chine s'emploie à constituer un ensemble géopolitique de premier plan - l'organisation de coopération de Shangaï (SCO) - capable de contrer l'empire américain. L'iran, l'Inde et le Pakistan viennent tout juste d'y adhérer comme observateurs. Cette organisation multilatérale d'entraide économique et militaire regroupe la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan : un équivalent de l'OTAN, pour pays émergents.
Tout celà ne serait pas aussi préoccupant si le marché pétrolier mondial n'était aussi tendu. La demande mondiale est de 85 millions de barils/jour : "Presque tous les pays producteurs tirent du sol ou du fond des mers jusqu'à la dernière goutte possible, et il ne reste qu'une marge d'environ 1,5 million de b/j", indique Christopher Dickey dans Jeune Afrique.
Avec la folle demande en énergie des pays émergents, en particulier la Chine, les pays producteurs sont arrivés à saturation de leur capacité de production. Si bien que le moindre événement : cyclone en Louisiane, prise d'otages sur une plate-forme américaine au large du Nigéria, sabotages en Irak font flamber les prix.
L'IRAN PEUT NARGUER L'ONU
Dans ce contexte, pas question pour les pays occidentaux d'organiser un boycott de l'Iran : non seulement la Chine et la Russie (membres permanents du conseil de sécurité) s'y opposent, mais le pays des mollahs qui exporte 2,6 millions de barils-jours, pourraît organiser sinon la pénurie planétaire, du moins une belle flambée des cours de l'or noir.
En l'état, les mollahs peuvent tranquillement narguer l'ONU et brandir la menace nucléaire en toute impunité. Le but de cette stratégie : sanctuariser le pays et pérenniser le régime, devenir enfin la grande puissance du Moyen-Orient face à Israël.
De quoi faire enrager les américains : ils occupent - dans les conditions que l'on connaît - le pays qui possède la deuxième plus grande réserve pétrolière (prouvée) au monde. Un monde aujourd'hui suspendu à cet enjeu énergétique.
Mais tout celà, au fond, est très trivial et annexe. Le Financial times (édition Allemagne) assure sans rire, que la visite de Bush en Irak n'avait pour but que de "redonner le moral aux Américains et aux troupes sur place. ".
Mouarrf !
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