Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
"Petit à petit, ma liberté de journaliste s'est trouvée rognée par morceaux. Voilà". Adieu langue de bois, Thomas Hugues, qui n'a plus rien à attendre de son employeur TF1, déballe tout au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL (émission d'aujourd'hui jeudi 22 juin). "Je pense qu'on ne me respecte plus dans cette entreprise depuis dix huit mois, je trouve normal de demander réparation". Le témoignage presque banal, n'était la notoriété de l'interviewé, d'un salarié mis au rencard. des paroles fortes qui préludent, à une action du journaliste devant les prudhommes.
De fait, TF1 annonçait hier la démission de Thomas Hugues, tandis que l'intéressé fait savoir qu'il s'agit d'un "licenciement sans cause réelle ni sérieuse" (lire également ceci).
"Je quitte TF1 contraint et forcé"
L'ex N°2 de Poivre d'Arvor, doublure du 20 heures de TF1 pendant dix ans raconte la mise sous tutelle éditoriale de l'émission "7 à 8", son éjection de siège de N°2 pour cause de mise en place de minorité visible (Harry Roselmack), l'arrivée impromptue d'Anne-Sophie Lapix comme co-présentatrice de "7 à 8" (il n'a pas été consulté, alors qu'il est "directeur" des magazines de TF1), les coups de gueule, le ras-le bol, etc. Finalement, la réalité s'approche de la fiction, telle que je l'avait déjà évoquée dans ces colonnes sur un mode plus humoristique.
Bref, il est sur le point de "quitter sa maison", "à regret" et - tout comme Serge July il y a quelques jours - "contraint et forcé". Placardisé, il n'a plus d'interlocuteurs à TF1 et il avoue : "C'est difficile. Mais je tourne la page et ça fait du bien de dire Non, d'ouvrir la fenêtre et de respirer". Une info : Thomas Hugues n'a pas signé quoi que ce soit avec M6, il cherche un boulôt. Le prix de la liberté d'expression ?