Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Comment exploiter la dimension multimédia du web, en utilisant l'expertise des journalistes d'un quotidien papier ?
Lefigaro.fr a résolu la difficile équation dont on peut apprécier l'exemple à travers la couverture du procès d'Yvan Colonna, assassin présumé du préfet Erignac.
Pour faire court le chroniqueur judiciaire du quotidien, Stéphane Durand-Souffland, est interviewé et filmé à la sortie du tribunal, où il dresse en quelques minutes un compte-rendu de la journée du procès. Et donne son analyse des débats.
Plusieurs avantages évidents à cette manière de traîter l'info pour le web :
L'immédiateté. Les trois ou quatre minutes de vidéo sont facilement et rapidement mises en ligne sur le site du figaro.fr. Il s'agit d'un plan-séquence, sans montage particulier, sinon un ajout de sous-titres pour identifier le journaliste. Rien que du très basique en termes de post-production et mise en ligne. On est totalement dans la notion de flux (d'information) propre au web, qui s'oppose à la périodicité d'un journal papier.
Le partage et le buzz. La vidéo est publiée en même temps sur DailyMotion (qui l'héberge) et sur le site du Figaro.fr. Elle peut donc être vue par d'autres lecteurs que les habitués du journal. N'importe quel blogueur peut aussi récupérer la vidéo et en parler ailleurs (comme ici). Une manière de renvoyer les lecteurs sur le site du journal, bien vu.
L'utilisation intelligente du web. Plutôt que de faire un copier-coller d'un article qui sera de toute façon rédigé pour le quotidien du lendemain (le truc à ne JAMAIS faire), lefigaro.fr a pris le parti d'exploiter la dimension multimédia propre au web. C'est vivant et ça ne prend pas trop de temps au chroniqueur judiciaire qui va ensuite rejoindre sa rédaction pour rédiger.
Cela fait plusieurs mois que lefigaro.fr a décidé de mettre en oeuvre cette synergie entre journalistes print et web. Je suis surprisque d'autres médias traditionnels ne lui ait pas emboîté le pas.
Certes, il y a les éditos vidéo de Christophe Barbier sur l'express.fr.
Je ne connais pas d'autres exemples.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
La convergence numérique et son corollaire le passage des rédactions au multimédia, tout le monde en parle. C'est l'avenir incontournable, si les médias papier veulent accrocher la génération des "digital natives" qui arrive sur le marché de l'info. Peu de médias de presse écrite français ont encore franchi le pas.
Le Nouvel Obs a lancé sa web TV il y a quelques semaines, et cette fois c'est un quotidien régional qui relève le pari.
Il faut relever l'initiative du "Télégramme" (de Brest et de l'Ouest) qui vient de créer une rédaction TV dédiée au web, dans les locaux même de la rédaction du journal (mais c'est la révolution !). En tout état de cause, c'est le premier quotidien régional à se lancer dans l'aventure...
News at seven* est un drôle d'objet internautique non identifié. Une provocation ? Ses concepteurs annoncent non pas qu'il s'agit là du futur, mais "du futur du futur"... C'est l'équivalent d'un Journal Télévisé, mais dont la journaliste présentatrice est remplacée par un avatar qui, la voix de synthèse atone et le regard vide, débite les infos du jour tirées de dépêches et d'images d'agence. On s'ennuie très vite : baillements garantis. Même si, au demeurant, l'un des principes du News at Seven c'est de pouvoir choisir le type d'informations que l'on veut voir (sport, culture, politique, faits divers, etc : c'est vous qui choisisssez le contenu). De même, que l'on peut "customiser" le présentateur (l'habiller en soldat s'il évoque la guerre, ou en "quaterback" s'il donne le compte-rendu du dernier match de base-ball)
J'ai eu la chance de pouvoir podcaster Francis Pisani à l'occasion de la journée du 5e pouvoir organisée hier par Agoravox. Un entretien dans lequel il livre sa réflexion sur les technologies et le pouvoir perturbateur potentiel qu'elles recèlent, ainsi que sa vision du cinquième pouvoir - celui des citoyens - face aux pouvoirs institutionnels.
En résumé, les citoyens ne pourront vraiment s'approprier les nouvelles technologies que s'ils les utilisent, en tant qu'outils, dans le cadre d'une stratégie sociale. Des stratégies (d'entreprises cette fois) que mettent déjà en place les médias Mainstream aux Etats-Unis et en France, utilisant la technologie pour capter, fidéliser leurs lectorats.
Autre sujet évoqué : celui du pouvoir des internautes face à la politique. La tentation des blogueurs organisés et/ou usagers du web participatif (en résumé le 5e pouvoir), serait de rejeter les pouvoirs politiques classiques alors même qu'ils conservent leur utilité dans un système démocratique.
A moins que les internautes citoyens ne cherchent à investir le champ local, les actions de proximité (type MonPuteaux.com) pour exercer un réel pouvoir. Un pouvoir qui ne serait, au demeurant, pas forcément un "contre-pouvoir", mais une force de propositions et d'actions citoyennes locales.
Pour bien connaître la question, je peux dire que l'immense majorité des élus a une peur bleue des blogs locaux (la plupart du temps très critiques, il est vrai, à leur égard). Il manque aujourd'hui une véritable éducation des élus locaux face à l'irruption des nouvelles technologies, à leurs usages bien sûr, mais surtout - comme l'exprimait Francis - à ses possibilités d'appropriation par les citoyens. Pour envisager, aussi, des dynamiques positives et collaboratives.
"Le Nouvel Observateur, premier des newsmagazines français, lance officiellement sa télé en ligne ce jeudi 8 mars . Le site, baptisé Canal Obs, tout en images, propose des émissions animées par des journalistes de la rédaction du magazine, des reportages, des images d'archives, des films d'artistes méconnus, de jeunes talents ainsi que des vidéos inédites ou qui font du buzz sur le web. Canal Obs est installé dans les locaux du Nouvel Observateur, où il dispose d'un studio de télévision mis en place avec l'aide de la société CAPA. Stéphane Artéta, rédacteur en chef adjoint au Nouvel Observateur, est responsable de Canal Obs."
La vidéo s'intitule "Le web 2.0 en moins de cinq minutes", elle a été réalisée par Michael Welsch, professeur assistant d'anthropologie culturelle, à l'université du Kansas. Tout y est, y compris les interrogations et travaux à mener pour le futur.
Attention, c'est très rythmé et un poil technique... mais on peut toujours la voir, la revoir...
Je découvre une nouvelle application pour les blogs ou tout site internet d'actualités : Blinkx est un moteur de recherche video centré sur l'actualité, qui détecte tous reportages dont le mot-clé est donné dans le contenu même du reportage. Mieux, il fonctionne comme un agrégateur en temps réel de news (videos) que l'on peut utiliser sur son site ou simplement sur le bureau de son ordinateur personnel. Comme un flux RSS, mais en videos. Déjà six millions d'heures de contenus dans la base de données...
Le journalisme citoyen est en train de franchir une nouvelle étape grâce à la vidéo. Celle-ci permet désormais à quiconque de filmer et de mettre en ligne très facilement ses propres réalisations. Il suffit pour cela d’un banal téléphone portable ou d’un caméscope. Déjà un nombre croissant de rédacteurs d’AgoraVox nous envoient spontanément des vidéos qu’ils ont eux-mêmes réalisées. Un an et demi après le lancement d'AgoraVox... (la suite ICI, par Carlo Revelli)