Philippe Gammaire, journaliste, consultant en communication et formateur au CFPJ. J'ai créé UniversMedias parce que la révolution en cours sur le web est passionnante. Elle va influencer durablement les pratiques journalistiques et oblige l'ensemble des médias traditionnels à repenser leur contenu. J'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice...
Bon, d'accord. Sans internet, l'info selon laquelle Alain Duhamel votera Bayrou serait restée confidentielle. Encore a-t-il fallu que l'information soit relayée chez Guy Birenbaum , qui s'est imposé en quelques mois comme un véritable influenceur dans la sphère. Du coup, la video postée sur Dailymotion a connue une explosion de l'affluence (plus de 102.000 vues à l'heure où j'écris ces lignes).
So what ?
Etait-ce une raison valable pour licencier l'éditorialiste ? Evidemment non, mais le prétexte était tout trouvé bien que la ficelle fût un peu grosse. Car si cette déclaration de vote était la véritable raison
il faudrait m'expliquer pourquoi Béatrice Schönberg, femme d'un ministre bientôt rallié à Sarkozy, est toujours en poste au 20h de France 2.
Pourquoi la bise d'Arlette Chabot à Jean-François Coppé (directeur de campagne de Sarkozy) - VUE SUR LE NET - (qui témoigne de relations amicales, sans doute plus proches qu'un bulletin de vote) n'a pas été sanctionnée.
Comment il se fait que Pascal Sevran, l'homme qui délire sur les B... des noirs, n'a pas été congédié (tiens, il a apporté son soutien à Sarkozy...).
Quelle farce. Internet a bon dos. Duhamel, l'homme qui votait Bayrou, l'éditorialiste aux analyses pontifiantes, n'avait tout simplement plus la côte en haut lieu. Peut-être même - allez savoir - affirmait-il une forme d'indépendance d'esprit à l'égard des rédactions pour lesquels il travaillait. A l'égard des pouvoirs. On pourraît donc être centriste et avoir du caractère(*). Il faut dire aussi que dans son dernier bouquin : "Prétendants 2007", Duhamel avait complètement fait l'impasse sur Ségolène Royal. Pas vu venir. Faute professionnelle ?
Reste que sans internet, cette histoire n'aurait pas vu le jour. Bon, d'accord. Enfin, Duhamel "joue l'apaisement " et "trouve normal" d'avoir été viré, nous explique Libération. Centriste jusqu'au bout.